Silence à la Chambre Littéraire

L’avant dernière Chambre Littéraire s’est tenue à l’ombre de la haute silhouette de Werner von Ebrennac, ce jeune officier allemand de l’armée d’occupation, pendant la dernière guerre. Par l’entremise de Jean Bruller, alias Vercors, nous fûmes ramenés dans une petite ville de province lorsqu’il logeait, d’octobre 1640 à juillet 1941, dans une chambre réquisitionnée chez le narrateur, un vieux monsieur vivant avec sa jeune nièce.

Presque tous les soirs, Werner von Ebrennac venait dans la salle de séjour pour y monologuer, d’une voix bourdonnante, des méditations vespérales auxquelles le vieux monsieur, bon français, se voulant bon résistant à sa manière, opposa un inaltérable silence, suivi en cela par sa nièce. Silence d’autant plus tragique qu’il s’opposait à un allemand francophile, antinazi, cultivé, poète, musicien, idéaliste, de cet idéalisme irréaliste qui est souvent celui des romantiques. Mais silence , tel Le Silence de la mer, tout en surface, laissant, sous-jacentes, à fleur de peau, bouillonner les tempêtes intérieures.

Terrible tempête que celle endurée par la nièce dont l’âme et le cœur sont comme murés dans une prison de glace et qui, à bout de force, ne peut s’empêcher , à la dernière minute, de prononcer les trois seuls mots de tout le récit : « il va partir« .

Eh bien ! Notre chambre littéraire du Ier décembre ne s’est pas du tout enfermée dans le silence. Sagement animée par Véronique Amsler, les débats, échanges de vues et discussions furent nombreux et bien vivants.

Rappel historique de la gestation et de l’impression dans la clandestinité de cette nouvelle devenue si célèbre ; analyse des indéniables qualités littéraires de l’œuvre, des caractères et de la psychologie des personnages, finement observés par de multiples détails, nombreux rappels historiques  et nombreux souvenirs de cette période tourmentée, pas si lointaine, bref, les sujets n’ont pas manqués pour faire de cette chambre littéraire une réunion particulièrement sympathique et chaleureuse.

C. Douillard

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